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"Le dialogue social, bat-il en retraite ?"

18 octobre 2010

Nous publions ici l’éditorial de notre ami Emmanuel Froissart dans la la newsletter d’IdéeConsultants

Mots clés

Concernant la retraite, du printemps à l’automne, il ne s’est agit à aucun moment de compromis, mais bien simplement d’un "monologue social" débouchant sur un acte unilatéral. Le dialogue social vu comme ça, c’est plus simple, plus rapide. Mais est-ce, à long terme, efficace ? Non. Rappelons que le compromis est le seul objectif d’un dialogue social équilibré. Il se différencie du consensus, de la concertation, de la consultation et/ou de l’écoute qui n’en sont que des succédanés interdisant un aboutissement clair. Le compromis, c’est l’accord par la voie (voix ?) de la négociation où chacun(e) peut, à égalité avec les autres, faire valoir son point de vue tout en sachant que ce n’est pas sa vision qui sera la résultante des échanges conduits. Refuser d’utiliser sur un sujet aussi important, aussi sociétal, que celui des retraites la voie du compromis n’est-ce pas la marque d’une volonté de maintenir les relations sociales dans l’état où elles se trouvent chez nous, c’est-à-dire marquées par une absence de confiance dans les interlocuteurs. Le dialogue social est réduit à des mots, pouvant conduire à des maux. Le dialogue social ne peut se réduire au comptage des manifestant(e)s afin de savoir s’il faut ou non revoir sa copie. C’est parce qu’on l’instaure comme mode de régulation, qu’on s’évite des batailles de chiffres et qu’on débouche sur un compromis. Personne sur le sujet des retraites ne peut sérieusement prétendre avoir LA solution. Celle-ci se trouve à une croisée de raisonnements, leur rencontre s’appelle le compromis. Le dialogue social ne se reconnaît qu’à ce qu’il produit concrètement pour une collectivité. Seulement incantatoire, il constitue un leurre ou un mirage. En tout cas, en poursuivant de la sorte, les tenants du "monologue social" construisent les déceptions qu’ils méritent. Et surtout n’aident en rien à sortir le dialogue social français de la situation où il est. La question de la retraite était un sujet en or pour cela. Le dialogue social, pour conduire des changements, relève d’une conviction et d’une éthique, celle du compromis. Celles-ci nécessitent un respect de la différence et une confiance en ses interlocuteurs. Ce serait dommage de devoir constater que, au fond, ce sont ces éléments qui manquent à des décideurs chez nous, en dépit des discours. Le dialogue social ne peut plus attendre demain, c’est maintenant que la collectivité en a besoin !

Emmanuel Froissart

www.ideeconsultants.fr

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