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Oui les coopératives, l’économie sociale et solidaire : c’est possible et ça marche

20 septembre 2010 - Jean-Paul Biolluz

A la rencontre des Scop, et ça marche. Pour leur dernière émission d’été « Enquêtes spéciales » diffusée jeudi 26 août sur France2, Paul Nahon et Bernard Benyamin ont portés leurs caméras au cœur de deux Scop nées en 2009. Intitulé, « Tous salariés, tous patrons », le reportage mettait en évidence la vie et la dynamique de ces entreprises, où l’on vit le travail différemment. Grand témoin de l’émission, la journaliste Florence Aubenas, tout à fait sceptique devant les perspectives coopératives, déclarait néanmoins « qu’elle aimerait que ça marche », un peu comme un espoir et un rêve. Et bien, les coopératives, ça marche, avec leurs valeurs, leurs principes et leurs pratiques.

La hiérarchie des salaires y est sans commune mesure avec les grosses entreprises. Ici, « le patron », ou plus précisément le gérant accepte. Il l’explique lui même, il a quitté une position plus confortable, pour une entreprise qui redonne du sens au travail. Cette recherche de sens devenue une valeur, à l’heure où, justement, la perte de sens dénature le travail dans de nombreuses entreprises capitalistes où le profit à tout prix et n’importent qu’elles conditions est la seule philosophie.

Autre valeur forte revendiquée par les salariés des Scop témoignant dans ce reportage : la démocratie. Les décisions importantes concernant la coopérative sont prises collectivement en assemblée générale : « Tous salariés, Tous Patrons ». Cette expression mutualisée des responsabilités a tout à la fois valeur de respect des hommes, et, sans doute, est source d’efficacité.

C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport récemment édité par le Bureau International du Travail au terme d’une étude menée en collaboration avec l’Alliance Coopérative Internationale. Depuis 1929, y est-il montré, les coopératives résistent mieux aux crises que les entreprises classiques, en particulier parce que par temps calme, elles prennent moins de risques, et provisionnent une partie de leurs bénéfices pour temps de tempête. Autre différence essentielle en temps de crise, et au premier chef pour les salariés, si les entreprises capitalistes se débarrassent en premier lieu d’une partie de leurs salariés, soit pour tenir le choc, soit pour tenir leurs profits, les coopératives utilisent, d’abord, leurs marges pour éviter les licenciements.

Le mouvement coopératif note le Bureau International du travail : ça marche. Comme bien d’autres, la coopérative Suisse de consommation la MIGROS en est la preuve. Regroupant magasins, mais aussi unités de production, avec 2 millions de coopérateurs et 84 000 salariés, elle a, récemment, été classée comme l’entreprise préférée des Suisses.

C’est ce modèle que l’Alliance coopérative international et le mouvement coopératif dans son ensemble entendent mettre en avant sur la scène publique tout au long de l’année 2012, déclarée année des coopératives par les Nations-Unies.

A cette mobilisation internationale, correspond, une mobilisation nationale avec dès cet automne, en France, la mise en place des Etats-Généraux de l’économie sociale et solidaire. Il s’agit, là aussi, d’affirmer la vocation alternative d’un modèle sociale et économique plus respectueux de l’homme.

Ces Etats-Généraux conçus pour durer plusieurs mois rassembleront acteurs et experts de l’économie sociale et solidaire, avec l’ambition au-delà de la réaffirmation des valeurs et des principes de faire des propositions de sortie de crise pour l’ensemble de la société. Ce sera aussi l’occasion d’affirmer les réalités de l’économie sociale et solidaire comme mouvement politique de transformation sociale. Avec le labo de l’économie sociale et solidaire, les Etats Généraux sont en marche.

Du local à l’international, le mouvement coopératif et l’économie sociale et solidaire font preuve de leur vivacité et de leur force. Sans doute, sont-ils, dans bien des domaines des alternatives crédibles à une économie génératrice de crises, d’une insupportable précarité et d’insondable injustice ! Encore faut-il qu’ils aient les moyens de faire valoir que l’économie sociale et solidaire, que le mouvement coopératif : c’est possible et ça marche.

Jean-Paul BIOLLUZ

http://www.nord-social.info/spip.ph...

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