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"Pour une Responsabilité Sociale, Environnementale et Humaine"

4 novembre 2011

Une contribution de notre ami Jean Sammut, fondateur du cabinet PROCIAL faisant suite au débat "RSE et ESS" lancé par RS.

Mots clés

Lors d’un récent colloque consacré à la « RSE » et à l’Economie sociale, parfaitement organisé, brillamment animé par des spécialistes nationaux, internationaux de la RSE, un des intervenants, faisant part de son expérience, évoquait le décalage et les résistances qu’il rencontrait chez certains dirigeants de l’ESS, à propos de cette notion de RSE, convaincus qu’ils étaient d’avoir consacré leur vie, par leurs actions, par leurs réalisations, par leurs engagements, à la responsabilité et notamment à la responsabilité sociale.

Les mutualistes, les acteurs de l’ESS sont régulièrement confrontés à ce type de situation. Comme si une fois pour toute, la dimension de mouvement social de l’ESS avait disparu, ou, tout au moins, comme si elle n’avait plus aucun lien avec la gestion. Comme si tout ne se résumait plus qu’à la capacité de l’ESS de démontrer en termes entrepreneuriaux, et le plus souvent d’ailleurs, en termes managériaux, son efficacité comparée avec les entreprises capitalistes et puisque nous y sommes, les entreprises du CAC 40.

Sous peine d’être archaïque, je dois prouver mon équivalent carbone !

La question ne serait plus de savoir combien d’exclus de la protection sociale, de comment mutualiser au mieux et le plus largement les risques, de comment empêcher la désertification médicale, de comment avancer dans une démocratisation de la société, j’en passe et des meilleures.

Il n’est pas contestable que les entreprises de l’ESS doivent s’intéresser activement à évaluer et à faire connaitre leur apport sociétal ou environnemental. Ne serai- ce que pour ne pas laisser ce champ aux seules entreprises capitalistes.

La nature philanthropique des origines, et en fait, de la réalité toujours actuelle de la RSE, constitue une tentative de donner au travers d’une vision renouvelée du néo management une dimension faussement sociétale et donc, sociale aux entreprises Car là est toute la question. Les concepts qui se suivent et qui se ressemblent du néo-libéralisme sont tous confrontés à la même difficulté : l’incapacité du modèle de la concurrence pure et parfaite à gommer les dégâts, les impasses, les incohérences du libéralisme.

Si les mouvements de la société ont contraint les entreprises à se justifier par une contribution maîtrisée, évaluée et éventuellement positive à l’environnement, tant mieux ! Que le profit soit propre, s’il le peut, tant mieux.

La question n’est pas de savoir si l’ESS va enfin se pencher sérieusement sur sa RSE, mais plutôt de savoir si l’ESS va retrouver sa dimension de mouvement social et donner, à l’occasion, à la notion RSE sa dimension humaine et transformatrice.

Que les entreprises soient plus vertueuses en matière environnementale, ou sociale, nous nous y associons, mais la question principale que pose notre existence, et notre développement, c’est que font les entreprises pour que la société soit plus juste ? C’est une question d’objectif. Le nôtre est de répondre au mieux et le plus solidairement possible aux besoins des populations, (et entre autres, à leurs besoins fondamentaux : santé, logement, formation, bien-être). La rentabilité n’étant que la condition naturelle de la pérennité de nos entreprises et de nos actions.

A nous, de faire l’effort de produire les outils qui traduisent cette responsabilité sociale, environnementale et humaine et de resituer le débat sur son bon terrain, plutôt que de courir sur celui de nos adversaires et, accessoirement, de le faire savoir.

www.procial.fr

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