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Les candidats et la restauration collective

23 avril 2012

Le magazine Cuisine Collective, première publication professionnelle du secteur, a demandé à tous les candidats du 1er tour des élections présidentielles de s’exprimer sur le sujet de la restauration collective. Nous publions ici les réponses reçues à la veille du scrutin et publiée dans sa NewsLetter.

FRANCOIS BAYROU

Je suis, vous le savez, attaché à l’idée du retour de la production en France pour sauvegarder l’emploi et retrouver la croissance dans notre pays. Le secteur de la restauration collective joue à ce titre un rôle important : en utilisant en grande partie des produits alimentaires issus de nos territoires, elle permet aux producteurs agricoles de vivre de leur travail et favorise également la production de notre industrie agro-­- alimentaire. En bout de chaine, pour la préparation et le service des plats, la restauration collective crée des emplois non soumis à la délocalisation. Nous devons donc tout faire pour préserver l’attractivité et la compétitivité de ce secteur économique.

La restauration collective joue un rôle important dans l’équilibre nutritionnel de la population. Toutes les initiatives visant à favoriser l’éducation à la nutrition, notamment auprès des élèves d’établissements scolaires, et à proposer davantage de diversité dans les plats servis seront bien entendu à soutenir. Les efforts déjà réalisés sont considérables mais les impératifs de long terme de santé publique – par exemple la lutte contre l’obésité – ne doivent pas pour autant être oubliés.

Mon projet présidentiel est fondé sur l’idée d’une « France solidaire », et la restauration collective est un important facteur de vivre ensemble et de solidarité. Pour tous nos concitoyens, le repas est un des moments privilégiés de cette convivialité. Dans les maisons de retraite, les entreprises, les hôpitaux, les écoles, le secteur de la restauration collective permet un lien social précieux et indispensable.

JEAN-LUC MELENCHON La restauration collective, qui représente plus de la moitié des repas hors domicile, joue un rôle fondamental, tant sur le plan social que d’un point de vue de santé publique. Elle constitue un espace d’échanges, un lieu de sociabilisation accessible à tous, quel que soit le milieu social. Le secteur de la restauration collective présente notamment l’avantage d’abolir les différences socio-économiques entre les individus, qui se ressentent sur l’alimentation et partant, sur la santé. Ces repas, véritables moments de vivre ensemble, jouent également un rôle de prévention et de sensibilisation, notamment face au développement de nouvelles maladies telles que l’obésité.
Dans ce cadre, les restaurations collectives devront fournir une alternative végétarienne à chaque repas. Elles seront également un des débouchés des productions équilibrées et de l’agriculture biologique. Elles seront invitées à favoriser l’accès de toutes et tous à leurs produits. Nous voulons que l’éducation au goût puisse jouer un rôle plus important de la restauration collective et un lieu d’éveil et de culture également pour nos enfants.

C’est pourquoi nous sommes attachés à défendre l’existence de service public de restauration collective, notamment au niveau scolaire et universitaire, et à garantir leur accès à tous.
D’un point de vue financier par l’instauration de tarifs différenciés selon les revenus, mais aussi en affirmant que nul ne doit en être exclu.

Certaines mairies, de droites, ont développées des pratiques illégales en refusant l’accès au service public de restauration scolaire aux enfants de chômeurs.
Ces collectivités, non contentes de stigmatiser de manière scandaleuse une partie de la population déjà en difficulté, se placent dans l’illégalité. Se basant sur la prétendue « disponibilité » des parents au chômage, cette décision porte atteinte à un principe général du droit qui a une valeur constitutionnelle : l’égal accès au service public. Nul ne peut en être écarté, quand bien même celui-ci est facultatif et relève de la volonté de la commune, comme cela est le cas pour la cantine scolaire.

Parce que l’accès à un repas équilibré ne doit pas être un privilège, le Front de Gauche s’engage pour le développement d’offres de restauration collectives publiques accessibles à toutes et à tous sans discriminations, dans le secteur public mais aussi au sein de l’entreprise qui doit largement subventionner cette prestation pour ses salariés.

NICOLAS SARKOZY

La restauration collective est un secteur remarquable en France. Celui qui a beaucoup voyagé sait que la France se distingue par son sérieux sur ce secteur. La restauration collective est performante par le niveau de qualité attendu et de service rendu. La restauration collective est un moteur économique puisqu’elle utilise les productions locales. Il faut d’ailleurs encourager cette association entre producteurs et restauration collective. Enfin, la restauration collective est un moteur pour la santé publique. Le plan national nutrition santé nécessite un investissement des collectivités locales, des écoles, évidemment de la restauration collective. J’ai pu visiter des écoles où le travail commun entre les acteurs contribue à diminuer le surpoids et apprend aux élèves l’équilibre nutritionnel et le goût des aliments. C’est vrai aussi dans les EHPAD où pour la personne âgée, l’équilibre nutritionnel est tout aussi important. Je souhaite que ce secteur conserve son haut niveau de qualité, son dynamisme économique et continue à s’impliquer pour la santé publique.

www.CuisineCollective.fr

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