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Crise mondiale : « Nous sommes revenus quelques années avant 1914… »

5 septembre 2011

Le journal en ligne "Basta !" publie une analyse de Dominique Taddeï sur la crise de la dette

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En dégradant la notation de crédit des États-Unis, c’est un véritable séisme que l’agence de notation américaine Standard’s and Poors a provoqué au cœur de l’été. Une nouvelle phase de la crise financière de 2007, suite à l’explosion de la bulle immobilière des subprimes américaines, s’est ainsi ouverte, posant de redoutables questions pour l’avenir. Crise des dettes souveraines, explosion de la dette publique américaine et incapacité des gouvernements occidentaux à assurer la réduction des déficits publics en même temps que la relance des économies se conjuguent désormais, dans un contexte international marqué par la montée en puissance des contradictions géopolitiques, pour déchaîner la spéculation sur les marchés financiers. Ces derniers ont parfaitement saisi l’impasse dans laquelle se sont enfermés les gouvernements européens, l’Allemagne de Mme Merkel et la France de M. Sarkozy en tête, en prétendant réduire les déficits sans remettre en cause les bases mêmes du « capitalisme d’endettement », caractéristique majeure du néolibéralisme des trois dernières décennies. Face à la gravité de la situation, c’est une rupture systémique qui s’impose pour l’économiste altermondialiste Dominique Taddei. L’ex fondateur du Conseil d’analyse économique (et ancien président de la Caisse des dépôts et de consignation) avance plusieurs propositions pour en finir avec un système économique qui engendre crise sociale, crise écologique et crises économiques à répétition, avec le risque d’affrontements géopolitiques majeurs. Entretien.

Basta ! : Le krach boursier de ce mois d’août 2011 a fait mentir tous ceux qui assuraient que la crise de 2008 était désormais derrière nous. Comment analysez-vous cette situation ?

Dominique Taddei : Quatre ans après la crise de subprime, nous entrons dans une deuxième phase d’aggravation de la crise. Celle-ci est systémique et globale, comme le dit si bien Gus Massiah [1]. L’expérience aidant, les puissances de ce monde ont su éviter, avec la crise de 2008, la dimension dramatique de 1929. Si l’on veut faire un autre parallèle historique, nous sommes en 1933 ! À moins que nous ne soyons quelques années avant 1914, dans la mesure où une dimension essentielle de la crise actuelle est de nature géopolitique avec la montée des contradictions entre l’impérialisme déclinant des États-Unis et des impérialismes émergents, chinois et autres pays asiatiques… Il faut comprendre que les financiers vivent aujourd’hui de la peur qu’ils suscitent. Leur pseudo affolement oscille entre le montant des dettes publiques et la rechute de l’activité économique. La stagnation actuelle de l’activité économique, qu’on la qualifie ou non de récession, est en fait beaucoup plus gravement une dépression de long terme, d’une ampleur intermédiaire entre la dépression japonaise qui sévit depuis 20 ans et la grande dépression mondiale des années 30. Paul Krugman (économiste états-unien, prix Nobel de l’économie en 2008, ndlr) l’a bien démontré. Il n’y a évidemment aucune solution de type néolibéral au dilemme dans lequel on se trouve face à ce double péril.

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