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Editos de la Lettre de Rencontres sociales

Édito du 2 juin 2010

1er juin 2010

Deux ouvrages reviennent sur ce qui a fondé le pacte social de l’après-guerre et dénonce la destruction des principes et des valeurs par les tenants du libéralisme.

Analyser le présent au prisme de l’histoire sociale est un exercice salutaire à l’heure où l’inégalité est présentée comme une vertu cardinale créatrice et où l’homme n’est plus regardé que comme un objet économique.
En octobre 2007, dans le magazine "Challenges" Denis Kessler, figure emblématique du Medef, invitait "à défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la "Résistance". L’actuel gouvernement s’y emploie, méthodiquement, tout en affirmant que le modèle social français a contribué largement à atténuer les effets de la crise financière. Comprenne qui pourra ou qui voudra !

Pour aider à cette compréhension Alain Supiot a publié au début de l’année "L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total" (éditions du Seuil) et le collectif " Citoyens Résistants d’hier et d’aujourd’hui" publie aujourd’hui "Les Jours heureux" (éditions La Découverte).

Alors que la Guerre s’achevait des responsables des forces luttant contre l’Axe définissaient, à Philadelphie, les principes d’une démocratie sociale universelle tandis qu’avant même que la Libération soit achevée les forces politiques et sociales rassemblées dans la Résistance publiaient le Programme du CNR.
Empruntons à Supiot cette courte analyse :
"On ne peut relire ce[s] texte[s], tant il[s] se situe[nt] aux antipodes de la dogmatique ultralibérale qui domine les politiques nationales et internationales depuis trente ans. Les propagandes visant à faire passer le cours pris par la globalisation économique pour un fait de nature, s’imposant sans discussion possible, à l’humanité entière, semblent avoir recouvert jusqu’au souvenir des leçons sociales qui avaient été tirées de l’expérience des deux guerres mondiales. La foi dans l’infaillibilité des marchés financiers a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l’échelle du monde, condamnant à la migration, l’exclusion ou la violence, la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial. La faillite actuelle de ce système invite à remettre au jour, sous les décombres de l’idéologie ultralibérale, l’oeuvre normative de la fin de la guerre que cette idéologie s’est employée à faire disparaître."

Alors relire, travailler à un nouveau modèle social, c’est ce à quoi nous invitent les auteurs de ces deux ouvrages. RS ne manquera pas de relayer les travaux allant dans ce sens.

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