Redonner sa place au débat politique
Il importe de montrer, preuve à l’appui, que la faisabilité d’un projet s’apprécie autant politiquement que techniquement et que la pensée technique peut et doit être dynamisée, tant dans le Tiers-Monde qu’en Europe, et autant au niveau des pays qu’au niveau local. C’est là un des objectifs essentiels de l’AITEC : organiser la circulation des compétences et éviter la spécialisation Nord ou Sud.
L’AITEC ne peut pas refuser l’actuelle organisation marchande et/ou institutionnelle des études, de la consultation et de la recherche. Mais elle veut prendre en compte la demande sociale non solvable émanant de demandeurs non reconnus, y compris en l’aidant à s’orienter vers des instances pouvant la soutenir économiquement et institutionnellement.
Dépasser le clivage professionnel/militant
C’est un pari fondamental de l’association d’inviter ses membres à dépasser le clivage professionnel/militant et, en même temps, à progresser sur les deux fronts du professionnel et du politique, pour mieux répondre aux exigences de progrès et d’indépendance que les travailleurs et les peuples ne cessent d’exprimer. On ne peut en effet attendre la fin des dominations pour y répondre concrètement.
L’AITEC ne donne pas de label commercial ou de label politique. Elle n’est ni un super bureau d’études ni un nouveau parti politique. Elle n’a d’autre ambition que d’amplifier les débats que lancent ses adhérents et d’organiser la diffusion et la gestion des offres d’intervention à l’intention de ses adhérents. L’autre ambition de l’AITEC est d’encourager la multiplicité des approches et d’inviter les techniciens à accepter ou même provoquer la critique. Le refus de l’enferment technique est à ce prix. C’est là sans doute que s’exprime le mieux ce progressisme qui gagnera plus à être pratiqué qu’à être théorisé.



